CAN logo
calgaryallergy.ca

Pourquoi ne pas simplement interdire les arachides (et noix) dans les écoles?
Go to Articles PageGo to Index Page Go to Home Page
 
par Nancy Wiebe, Calgary Allergy Network


Vous faire dire par votre médecin que votre enfant ou quelqu'un sous vos soins a une allergie alimentaire qui met sa vie en danger peut être une chose intimidante et effrayante. Une fois calmé, suite au choc initial, vous vous posez quelques questions: Qu'est-ce qu'on doit faire? Que peut-on faire pour que notre enfant soit en sécurité? Comment faire comprendre cela aux autres, comment les rendre conscients de cette allergie et obtenir leur aide? Dans cet article, je vais tenter de démontrer pourquoi je crois qu'interdire des aliments n'est pas la solution et ne bénéficie pas nos enfants, leurs amis ou l'école.

Un des points saillants lorsqu'on doit faire face à des allergies potentiellement fatales est la prise en charge du contrôle et de la crainte. Ces deux éléments sont à la base de la demande d'interdire des aliments. A la phase pré-scolaire, le contrôle alimentaire et environnemental de l'enfant n'est pas un problème, ce qui met les parents à l'aise. Evidemment, l'anxiété de la possibilité d'une réaction demeure. Toutefois, à l'école et dans d'autres établissements, il y a plusieurs éléments incontrôlables et l'anxiété augmente naturellement au sujet de la sécurité de l'enfant. Nous devons connaître ce qui est contrôlable autant que possible, prendre les démarches nécessaires pour y arriver et ne pas laisser la crainte prendre le dessus.

Premièrement, nous devons expliquer à notre enfant ce qu'est son allergie et lui faire connaître les moyens d'y faire face pour qu'il soit en complète sécurité. Il s'agit d'un processus graduel. L'enfant doit accepter que c'est son allergie, et que le monde autour de lui (d'elle) ne changera pas pour l'accommoder. L'enfant doit apprendre à être prudent, chercher la collaboration et compréhension de son entourage et accepter le fait qu'il (qu'elle) puisse vivre un vie normale. Un plan de traitement spécifique, prescrit par un médecin va lui permettre de comprendre les démarches d'urgence et de se sentir plus en contrôle. Vivre avec son allergie ne devrait pas être plus compliqué que tout autre problème dans la vie des enfants. . . leur offrant le plus de protection possible dans leur enfance et leur enseignant d'être plus indépendants et responsables quand ils sont plus grands.

Deuxièmement, nous comme parents devenons des enseignants et défenseurs. Il y a réellement un grand éventail dans la compréhension totale de l'impact de cette allergie, particulièrement pour ceux qui n'y sont pas impliqués. Prenez comme exemple, apprendre à vivre avec le diabète. Les renseignements seront répétés à maintes reprises de bien des façons. Faire qu'une seule présentation à l'école ne suffit pas. Beaucoup de tact et de patience sont requis parce que tout changement est difficile pour la plupart de nous. Nous comme parents devons aussi être flexibles, reconnaissant qu'il n'y a pas seulement une stratégie ou politique qui soit fonctionnelle pour tous les enfants à l'école. Elle va nécessiter des discussions et négociations. Par le biais d'éducation, nous pouvons créer la compréhension, la coopération et encourager une mentalité de "communauté" qui va rendre l'environnement plus sécurisant.

go to top of page

Voici quelques raisons pour ne pas interdire les arachides et noix dans toute l'école (malgré que je crois qu'il est nécessaire de songer à des zones totalement sans arachides  et noix dans les écoles primaires):
* Il est impossible d'avoir une école "totalement libre d'arachides/noix". Vous ne pouvez pas assurer que l'école soit dépourvue d'arachides ou noix sans physiquement fouiller tout le monde et partout en tout temps. Cela a été essayé déjà avec des résultats négatifs. Malgré cela, les enfants peuvent avoir des résidus de beurre d'arachides sur les mains suite au petit déjeuner à la maison. On ne peut pas assumer qu'un endroit soit totalement sans arachides ou noix.
* "Dépourvu d'arachides/noix" donne à tous une fausse sécurité, ce qui encourage le contentement dans l'école en ce qui concerne les allergies potentiellement  fatales. Les enfants allergiques peuvent devenir moins strictes dans les précautions  qu'ils doivent prendre parce qu'ils se trouvent dans un environnement "sécurisé." Les parents peuvent aussi croire que leur tâche d'éducation et sensibilisation (de leurs enfants et aussi de l'établissement) ne soit plus nécessaire. Le personnel de l'école vont alors diriger leurs efforts à d'autres sujets de profil plus important.
* Lorsqu'une interdiction est instaurée, souvent l'énergie et les efforts sont déplacés,  l'education et la sensibilisation sont remplacés par la mise en vigueur de l'interdiction. Une interdiction peut aussi individualiser les enfants allergiques et les rendre vulnérables à la dérision et brutalité. Les enfants doivent apprendre à "s'intégrer" et êtres surs d'eux-même, et ne pas laisser leur identité se fixer sur leur allergie. C'est le moyen d'éviter de devenir une proie aux brutes.
* Interdire une chose à la majorité à cause de quelques-uns va être en opposition avec beaucoup de parents et un inconvénient pour l'école. En général, notre génération réagit mal au mot "interdiction." Lorsqu'une interdiction est introduite, son effet contraire prend environ un an pour se développer. A ce moment-là, il devient très difficile de revenir à une position 'mi-chemin' parce que les parents qui sont déçus ne veulent rien entendre ou collaborer.
*  Il y aussi d'autres aliments possiblement déclencheurs de réactions potentiellement fatales, comme le lait, le blé ou les oeufs, qui seraient quasi impossibles d'interdire. On s'arrête où? L'école a beaucoup de préoccupations avec des programmesd'importance équivalente. Il faut sympathiser avec les administrateurs. Leur collaboration va être d'autant plus facile si la demande dont on leur fait est raisonnable, facile à mettre en marche, tout en satisfaisant nos besoins.
* Un programme de sensibilisation engendre la protection. Les enfants non-allergiques seront bien souvent plus coopératifs que leurs parents et vont éviter d'apporter des préparations contenant des arachides /noix à l'école qui pourraient être dommageables à un ami. Ils seront plus protecteurs et plus rigoureux que si l'on dépend sur une interdiction pour forcer leur comportement. Comme effet, les enfants seront plus aptes à reconnaitre les besoins particuliers des autres, sensibilité qu'ils vont garder tout au long de leur vie. Néanmoins, cette démarche éducative doit commencer tôt. Vers la 6e année scolaire, certains enfants apportent des cigarettes et des drogues à l'école, alors leur demander de ne pas apporter d'arachides n'aura pas tellement d'effet.

go to top of page

*  Les enfants allergiques doivent apprendre à accepter que c'est leur allergie et leur responsabilité. Ils ne vivront jamais dans un monde sans arachides/noix - c'est la réalité. Les écoles intermédiaires et secondaires ne seront pas aussi accommodantes que l'école primaire. L'école est la meilleure place pour eux de développer progressivement des méthodes de survie qu'ils vont avoir besoin.   L'environnement est surveillé par des adultes, et de l'aide urgente est tout prêt si  requise. Comme ils grandissent, ils vont s'habituer à porter leur bracelet d'identification  Medic-Alert®, à avoir toujours leur EpiPen® avec eux (tel que prescrit dans leur plan de traitement), et à expliquer leur allergie à d'autres tout en leur demandant leur coopération. A l'adolescence, ces précautions feront partie de leur vie quotidienne. Cette acceptation va les aider à faire face à la pression de leurs pairs et être plus à l'aise avec leur allergie. Leurs amis auront aussi une meilleure idée des précautions nécessaires à la sécurité d'un ami.

Vous pouvez partir sur un bon pied dans un programme de sensibilisation en vous procurant de la documentation dont une bonne partie est disponible au Calgary Allergy Network: https://calgaryallergy.ca ou auprès de votre association locale d'information sur les allergies. Une autre référence excellente est la publication par le Canadian School Boards Association appelée "Anaphylaxis: A Handbook for School Boards." Il s'agit d'une approche équilibrée d'une  politique d'un programme de sensibilisation en ce qui a trait aux allergies à l'école.

Interdire les préparations contenant des arachides n'est pas la solution au problème des allergies potentiellement fatales. Le beurre d'arachide n'est non seulement un aliment traditionnel, mais une nécessité économique pour beaucoup de familles. Il ne disparaîtra pas du menu du 'lunch.' Nous devons préparer nos enfants à vivre dans un monde réel tout en leur procurant un "coussin de sécurité" à l'école afin de les aider à apprendre l'habilité qu'ils ont besoin pour une longue vie, une vie en bonne santé avec leur allergie. Travaillons ensemble à aider à faire de nos écoles des endroits "sécurisés" en "sensibilisant" les occupants des allergies potentiellement fatales, comme l'allergie aux arachides et aux noix.


Nancy Wiebe est mère d'un enfant allergique aux arachides et aux noix. Ce document peut être reproduit pour des fins d'éducation à but non lucratif.
Cet article est une gracieuseté du Calgary Allergy Network dont le site web est:
https://calgaryallergy.ca

go to top of page


Articles | Index | Home

This article courtesy of the Calgary Allergy Network web site at https://calgaryallergy.ca. May be reproduced for educational, non-profit purposes only or as described on Articles page description..